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Un camion équipé d’une cuisine aménagée. Telle est la commande du roi du Maroc, faite à une entreprise du Morbihan en France, d’après Ouest-France. C’est la société Le Rouic qui s’est chargée de la construction du véhicule.

«Nous avons fabriqué un camion spécialement équipé d’une cuisine, où peuvent se préparer des repas pour 800 personnes», explique au quotidien Hervé Le Rouic, le dirigeant de l'entreprise française. Et d’ajouter que «tout est sur mesure et correspond à la demande du client».

Un projet réalisé en collaboration avec la société Technic Export et pour un client pour le moins prestigieux qui n’est autre que le roi Mohammed VI. La cellule mesure 6,50 mètres sur 2,50 et est équipée entièrement de «meubles de cuisine industriels, qui sont sécurisés», ajoute le gérant.

L’entreprise familiale, née en 1956, a mis deux mois pour finir cette commande. Spécialisée dans la construction de carrosserie pour véhicules industriels, elle reste l’une des rares à proposer ce savoir-faire avec ces 25 employés.

La commande a récemment était livré aux quartiers du roi au Maroc, conclut Ouest-France.


Source : Yabiladi

Acculé, le Maroc tire sur tout ce qui bouge

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LES MIGRANTS DE CEUTA-SEBTA OU L’EFFROYABLE CHANTAGE DE MOHAMMED VI 
Les eurodéputés demandent solennellement de séparer le Sahara occidental du Maroc


De notre bureau de Bruxelles, Aziouz Mokhtari

Acculé de toutes parts, le Maroc tire sur tout ce qui bouge. Lamamra, Belani, les eurodéputés, les magistrats de luxembourg-City et ouvre Sebta aux migrants subsahariens...
En ouvrant les vannes de l’émigration subsaharienne vers l’Europe à travers Ceuta c’est-à-dire Sebta, enclave espagnole en territoire marocain que le palais de Rabat admet, toute honte bue.
Le Maroc cherche à intimider, provoque Bruxelles pour une unique raison... Pousser l’Union européenne à s’asseoir sur la décision de la Cour de justice qui ne reconnaît aucune souveraineté marocaine au Sahara occidental.
Pourtant, Rabat sait, dans ses trois démembrements, palais, Makhzen et gouvernement Benkirane, que pour l’Union européenne, cela relève de l’impossible sinon du dangereux. Impossible pour les responsables politiques de Bruxelles de contourner l’arrêt des magistrats de Luxembourg-City et de continuer à voler les richesses d’autrui (agricoles, halieutiques ou autres, du peuple sahraoui).
Lors de la réunion de la délégation Maghreb du Parlement européen (PE), un eurodéputé a suggéré, en coulisses, que «dorénavant, il ne reste qu’une seule possibilité pour nous (Européens, ndlr), négocier avec le Polisario et lui restituer tous les bénéfices, directs ou indirects, que les Accords agricole et de pêche signés avec le Maroc engendrent». D’où, sans doute, la tête des mauvais jours de l’ambassadeur du Maroc après la rencontre avec les europarlementaires européens.
Les Européens, il est vrai, n’ont plus vraiment le choix face à la question sahraouie.
En droit, leur droit, il leur est désormais interdit d’aller au Sahara occidental comme si de rien n’était et piller, à travers des arrangements bidon avec le Maroc, les richesses d’un peuple, d’un territoire identifié comme non-autonome, relevant de la doctrine des Nations-unies en matière de décolonisation.
Saisissant cette opportunité, plusieurs eurodéputés, membres ou pas, de l’intergroupe «Paix pour le peuple sahraoui», ont saisi hier, par écrit, la Commission européenne, le gouvernement économique de l’UE, en définitive, pour lui demander de se conformer aux légalités internationale et européenne. D’un mot, ne plus inclure le Sahara occidental dans ses marchandages avec le Maroc. Ce dernier le sait bien et en a même été informé, Bruxelles ne pourra plus faire comme si l’arrêt de justice du Luxembourg n’existait pas.
Signe des temps et avant-coureurs, les lobbies pro-marocains dans la capitale européenne disent et font dire que «c’est l’Europe qui a besoin du Maroc et non le contraire». Comprendre, la crise entre Bruxelles et Rabat frappe à la porte. Les médias du royaume de Mohammed VI, officiels et officieux, ciblent deux personnalités algériennes pour expliquer leurs déboires diplomatiques.
Lamamra, ministre des Affaires étrangères, Belani, ambassadeur de son pays, l’Algérie, en Belgique et au Luxembourg et les juges européens qui, selon la folie marocaine, «auraient été approchés par des lobbies pro-algériens»...
En gros, Rabat veut se débarrasser de Lamamra, affecter belani ailleurs que Bruxelles et jeter par-dessus bord l’arrêt de justice — final et sans appel — de la Cour européenne. Ceuta-Sebta continuera d’accueillir des migrants.
A. M.

Supercherie du Forum Crans Montana à Dakhla occupée : Jean-Paul Carteron récidive

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C’est dans la ville sahraouie de Dakhla, sous occupation marocaine, que le Forum indument intitulé «Crans Montana», alors qu’il devrait s’appeler «Monaco», va se tenir du 16 au 21 mars. Jean-Paul Carteron, qui en est l’organisateur, n’a pas eu trop de difficultés à faire accepter que «son» forum se tienne pour la troisième fois à Dakhla, le Maroc ayant besoin de cette manifestation en croyant qu’elle offre au Makhzen l’opportunité de diffuser sa propagande visant à empêcher le Sahara Occidental d’accéder à l’indépendance pour laquelle le peuple sahraoui lutte depuis des décennies sous la direction du Polisario. Jean-Paul Carteron, lui-même, n’a pas le choix devant les difficultés, voire l’impossibilité, de continuer à «vendre» ce forum dont, sans doute, aucun pays sérieux ne veut.

Jean-Paul Carteron se donne à fond dans la propagande marocaine, en multipliant les mensonges sur le «modèle» du royaume. Cela ne lui coûte rien, au contraire, il espère en retour les substantiels dividendes qui sont la véritable motivation de sa démarche. Les médias aux ordres du Makhzen jouent la même partition en vantant ce qu’ils présentent comme un «forum suisse», alors qu’il n’a plus rien de suisse. Jean-Paul Carteron ne peut trouver mieux pour lui que cette alliance avec le Makhzen qui a besoin de ses «capacités» mises en œuvre depuis qu’il s’est mis au service, au début des années 1980, du dictateur François Duvalier, le «Papa Doc», d’Haïti, puis au service de son fils, Jean-Claude, dit «Baby Doc». Selon les informations données sur le lien «doubleuoglobe.com/eringer/spymaster-of-monte-carlo-29-duvalier.html», qui retrace le parcours de Jean-Paul Carteron, celui-ci a constitué sa base financière à partir des transactions immobilières réalisées le long de la Côte d'Azur et à Monaco pour le compte du régime haïtien «brutal, meurtrier et corrompu».


La même source rappelle comment Carteron a profité de son poste d'ambassadeur d'Haïti aux Nations unies en 1985 pour créer le Forum de Crans Montana, basé en Suisse en 1989. Carteron, converti ensuite en «humanitaire», a utilisé ce forum pour «assurer la respectabilité des régimes brutaux et corrompus en Afrique». En 1996, apprend-on, les Suisses, qui étaient dérangés par la qualité douteuse des participants à leur forum et le soupçonnaient de blanchiment d'argent, lui ont demandé de «déménager ailleurs». C’est ainsi que Carteron a été contraint d’aller à Monaco pour s’y installer et organiser son forum à l'intérieur de la Principauté, sous le nom de «Sommet mondial de Monaco» pour faire croire à un parrainage officiel de l'Etat.

Mais il a été obligé de supprimer la mention Monaco de son forum, qui est une affaire privée, pour «éviter la confusion avec la Principauté», lui a-t-on expliqué. En fait, précise la source, «SIGER, l'unité de renseignement de police de Monaco, avait rédigé un rapport négatif sur Carteron mais ce rapport a disparu dans un trou noir». La supercherie et l’escroquerie mises en évidence dans le «portrait» de Carteron ont certainement été évoquées dans ce rapport. Elles sont à nouveau révélées avec l’organisation, en mars prochain, à Dakhla occupée, du pseudo-Forum Crans Montana, avec la complicité active du Makhzen qui y trouve, lui aussi, son compte.

Houari Achouri

Création au MAE marocain d’un instrument de propagande

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Plan d’action de la Direction de la Diplomatie Publique
et des Acteurs Non Etatiques
Depuis l’entrée en vigueur du nouvel organigramme du Ministère des Affaires Étrangères et de la Coopération et la mise en place  de la Direction de la Diplomatie Publique  et des Acteurs Non-Etatiques, cette dernière  s’est engagée sur une réflexion approfondie, visant à identifier les priorités, à délimiter son champ d’action et à tracer les objectifs et les actions concrètes.
En plus d’assurer un maximum d’efficacité et de célérité dans sa mission d’information et de communication, la Direction s’est penchée sur les moyens à même de permettre aux différents acteurs non gouvernementaux d’apporter leur contribution à la Diplomatie marocaine, et ce à travers une démarche proactive, participative et anticipative.
Ainsi, la participation du Parlement, des partis politiques, des ONG et des groupes de réflexion, à l’action en matière d’Affaires Etrangères, s’inscrit dans le cadre des réformes politiques et constitutionnelles globales, lancées au Maroc, notamment avec le Discours Royal du 09 mars 2011, qui prône le renforcement du rôle des institutions démocratiques. Conformément à cette vision, la mise en œuvre de cette politique d’ouverture du Département sur son environnement, constitue un axe de travail que cette Direction considère comme une priorité.
Partie I : Objectifs et descriptif des actions
Le renforcement des capacités de veille informationnelle, médiatique et audiovisuelle, la mise en place de nouveaux supports de promotion et de communication et l’accompagnement de la diplomatie parlementaire et partisane et le développement du partenariat avec les Organisations Non Gouvernementales et les Centres de recherches constituent les grands axes de l’action de cette Direction durant les cinq prochaines années.
Le renforcement des capacités de veille informationnelle, médiatique et audiovisuelle
  • La Direction assure une veille informationnelle visant à disposer en temps réel, des informations stratégiques (politique, économique, sécuritaire, etc.) pouvant permettre aux responsables du Ministère de prendre des décisions qui s’imposent en temps opportun. Elle poursuivra la diffusion des produits d’information qui répondent aux besoins des Responsables et des Diplomates d’une manière générale. La Direction compte mettre en place un système de diffusion d’alertes par SMS, destiné aux hauts responsables du Ministère.
  • Consciente du rôle de la coopération en matière de médias, la Direction veille à la mise en place des partenariats, des programmes de coopération avec les média nationaux et internationaux. Il est souhaitable de faire bénéficier quelques journalistes des pays africains, notamment subsahariens, d’une formation sur les techniques journalistiques et les technologies de l’information, notamment la création des sites web.
  • La Direction vise à mettre en place une cellule de veille audiovisuelle, dotée de l’équipement de réception, de visionnage, d’enregistrement. Il s’agit d’assurer l’autonomie du Ministère en matière de documentation audiovisuelle, notamment en ce qui concerne les événements qui se déroulent au sein du Département. Cette approche permet ainsi, de faciliter la diffusion des vidéos des activités sur le Portail du Département.
La mise en place de nouveaux supports de promotion et de communication
  • Il s’agit essentiellement de faire connaître le Maroc, de mettre en exergue ses avantages et d’améliorer la connaissance du Royaume auprès des pays étrangers, en accroissant la présence médiatique et les parutions concernant notre pays. Promouvoir l’image du Maroc. Les pays scandinaves et d’Amérique Latines sont les cibles prioritaires de cette action, en contrecarrant les campagnes de désinformation orchestrées par les ennemis de notre intégrité territoriale.
  • Le portail du Ministère constitue le moyen idoine pour toucher des publics partout, à travers un contenu varié et diversifié concernant la politique étrangère du Maroc, l’action diplomatique ainsi que sur sa position sur des questions régionales et internationales. A cet égard, il faudrait traduire le contenu du site en langues anglaise et espagnole en vue d’atteindre les internautes anglophone et hispanophone, assurer la maintenance et la mise à jour régulière du portail, notamment, en concluant un contrat de maintenance.
  • Sur le plan de la promotion, il est essentiel de se pencher sur la confection de supports promotionnels susceptibles de promouvoir davantage le Maroc et assurer une meilleure visibilité à l’étranger. A cet effet, il convient de développer et produire des moyens d’information imprimés et audiovisuels sur le Maroc et les faire distribuer, notamment aux journalistes, aux universités et écoles, ou lors des manifestations, par le biais des représentations diplomatiques et consulaires du Maroc.
  • Ainsi, la Direction projette de réaliser un film institutionnel sur le Maroc notamment un DVD comportant toutes les réformes entreprises par le Royaume, des Clés USB compilant des informations qu’il possible d’adapter aux besoins de chacune de nos représentations et des brochures institutionnelles de promotion de l’action de Diplomatie Publique.
  • La Direction projette de se doter d’une Revue trimestrielle. Véritable courroie de transmission de l’information et relais incontournable de l’intense activité du Département, ce magazine est à même de refléter l’image authentique d’un Maroc en constante évolution politique, économique et social. D’une périodicité trimestrielle, ce magazine, d’une cinquantaine de pages, mettra en exergue l’action diplomatique, les questions d’ordre national et international et abordera les sujets d’actualité qui intéressent la politique étrangère du Maroc.
L’accompagnement de la diplomatie parlementaire et partisane et le développement du partenariat avec les Organisations Non Gouvernementales et les Centres de recherches
La défense et la promotion des intérêts de notre pays sur la scène internationale sont des missions dans lesquelles la contribution de tous les acteurs non étatiques est de plus en plus sollicitée. Partant de ce constat, la Direction a élaboré, dans le cadre d’une approche concertée et intégrée, une stratégie de travail avec le Parlement, les Partis politiques, les ONG et les Centre de réflexion et de recherches.
  • L’accompagnement de la diplomatie parlementaireLe développement d’un partenariat avec l’institution parlementaire revêt un caractère prioritaire. Ainsi, la Direction envisage un certain nombre d’actions concrètes qui pourrait contribuer à la consolidation de cette relation notamment l’organisation de réunions régulières avec les membres des Commissions des Affaires Etrangères des deux chambres; la poursuite de la diffusion d’une revue de l’actualité diplomatique hebdomadairela mise à la disposition des Députés des notes et des fiches sur l’état des relations de notre pays avec des pays étrangers, notamment lors de leur déplacement à l’étranger ou à l’occasion de leur rencontre avec des délégations étrangères en visite au Maroc et instruire nos missions diplomatiques et consulaires pour assister les parlementaires marocains lors de leurs déplacements à l’étranger.

Troubles en Algérie : La France et le Maroc pointés du doigt

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Le Ministre d'Etat et Directeur du Cabinet du président algérien Abdelaziz Bouteflika, Ahmed Ouyahia, a accusé ouvertement Paris et Rabat de chercher "à provoquer des troubles" en Algérie.

Dans un entretien accordé au quotidien El Khabar, le secrétaire général du Rassemblement national démocratique, a déclaré que «l’implication de la main de l’étranger a été détectée avec des preuves matérielles à l’occasion de certains événements". 

"Qui finance et qui abrite chez lui le mouvement autonomiste de la Kabylie ? Et qui est derrière le mouvement autonomiste du M’zab ? Ce sont la France et le Maroc qui sont derrière ces deux mouvements et nous en avons les preuves. Nos frères marocains pensent pouvoir solder leurs comptes avec nous en tentant de provoquer des troubles chez nous, en raison de nos différends sur la question du Sahara occidental», a-t-il ajouté. 

La déclaration du responsable algérien arrive au moment où l'Algérie semble réagir à la course effrénée de la France et le Maroc contre les peuples de la région, y compris le peuple du Sahara Occidental, victime d'une agression soutenue par l'Elysée au Conseil de Sécurité.

Dans ce contexte, le dossier des victimes des essais nucléaires de la France au Sahara algérien a été remis sur table.

Marocains d'Europe : terrorisme et mafia criminelle

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Encore une fois, les marocains résidents en Europe font parler d'eux. Cette fois-ci aux Pays Bas. A cause d'un policier hollandais d'origine marocaine, un nouveau scandale secoue les services de sécurité du pays.

Un agent de la police néerlandaise, membre d'une équipe chargée de sécuriser les espaces publics avant l'apparition d'hommes politiques ou de membres de famille royale a remis des informations classées confidentielles sur les déplacements du dirigeant du parti hollandais de l'extrême droits Geert Wilders.

Auparavant, un policier de Rotterdam d'origine marocaine, Redouane Lemhaouli, a été viré en 2008 pour “manquement grave à ses devoirs”, soupçonné d’avoir livré des informations confidentielles aux services secrets marocains. D'après les informations livrées par la presse néerlandaise, il ne serait pas le seul à être approché par les espions de Sa Majesté le roi Mohammed VI. 

Il y a lieu de se demander si l'activisme de la DGED marocaine n'a pas encouragé les attentats terroristes qui ont secoué l'Europe dans le but de consolider le statut du Maroc en tant que partenaire incontournable dans la lutte contre le terrorisme. L'instrumentalisation de la menace terroriste vise aussi à forcer le soutien des pays européens à l'occupation du Sahara Occidental par le Maroc.

Création d'un site dédié aux révélations du cyber-activiste Chris Coleman

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Une page web a été créée récemment spécialement dédiée à la publication des documents confidentiels de la diplomatie marocaine révélés par le cyberactiviste Chris Coleman.

La page qui porte le nom de "Maroc Leaks, le site des révélations de Chris Coleman" semble bien alimentée. En deux jours, plusieurs documents ont déjà été pendus sur le site. Plusieurs rubriques apparaissent : Maroc-UE, Maroc-UA, Maroc-HCR, Maroc-CDH...

Pour rappel, le hacker Chris Coleman est apparu sur la scène médiatique en octobre 2014 après avoir piraté les ordinateurs du ministère des affaires étrangères du Maroc et ses services secrets.

Après une absence de presque deux ans, il est apparu de nouveau avec davantage de documents confidentiels marocains. Son nouveau compte Twitter a été suspendu, mais il poursuit ses déballages sur le site Calameo.

Quand la France colonisait le Maroc par la dette

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CADTM – 17 février par Adam Barbe

Siège de la Banque marocaine pour le commerce et l’industrie (BMCI), filiale de BNP Paribas, à Casablanca. (CC – Flickr – Milamber’s portfolio)

Le rôle de la dette dans l’établissement du protectorat français au Maroc n’est plus à démontrer. Guy de Maupassant y fait même allusion vingt ans plus tôt dans son roman Bel-Ami (1885) ! Du milieu du XIXe siècle à 1912, le Maroc affronte en effet des difficultés financières croissantes. L’engrenage infernal de la dette qui lui fut fatal ne commence toutefois qu’au début du XXesiècle, avec l’emprunt de 1904.

Les racines de l’endettement marocain vis-à-vis de la France menant à l’emprunt 1904 sont multiples. À long terme, la faiblesse des ressources de l’État sultanien réside dans la dichotomie entre l’espace où l’État exerce son autorité, le bled el-makhzen, et l’espace non soumis à l’autorité centrale, dissident, contestataire, le bled Siba. Ce véritable mode de régulation de l’empire chérifien |1| entraîne un niveau élevé de dépenses militaires sans que la soumission des tribus ne soit définitivement acquise.

À moyen terme, le Maroc souffre d’un déficit commercial devenu structurel depuis la fin des années 1870. L’exportation massive de capitaux qui en découle nourrit une crise monétaire sans fin appelant sans cesse des flux de capitaux entrants. Ce déficit commercial est la conséquence directe de l’ouverture commerciale du Maroc, entamée dès 1856 par le traité commercial signé avec le Royaume-Uni. L’expansion du droit de protection — l’exemption de toute taxe — dont bénéficient les Européens vampirise par ailleurs les ressources fiscales du Maroc tout en minant l’autorité du sultan.

Enfin, un certain nombre d’événements politiques déclenchent la crise dans ce contexte d’affaiblissement structurel. En 1900, le régent Ahmed Ben Moussa dit Ba Ahmed décède et son neveu, le jeune Abdelaziz Ben Hassan (22 ans) accède au trône. Il devient alors le jouet d’influences étrangères. Ses dépenses somptuaires et extravagantes (chemin de fer dans son palais à Meknès, voitures, appareils photos en or massif…) encouragées par des missions européennes à sa cour creusent le déficit commercial, en plus d’accréditer les accusations d’impiété qui le visent. Plus grave encore, la réforme de l’impôt, le tertib, décidée en 1901 sous l’impulsion de l’envoyé britannique Arthur Nicholson désorganise le système fiscal : la suppression des anciens impôts islamiques et l’instauration d’un nouvel impôt basé sur la surface cultivée provoquent une levée de boucliers généralisée. Le sultan est dès lors brusquement dans l’impossibilité de percevoir tout impôt direct auprès de ses sujets.

Le contexte européen est également crucial pour comprendre la gestation de cet emprunt. En France, le ministère des affaires étrangères cherche à assurer progressivement la prépondérance française au Maroc, en évitant de froisser ses concurrents à une époque d’intenses rivalités impériales. La doctrine de « pénétration pacifique » du ministre Théophile Delcassé le mène à placer ses espoirs dans l’arme financière. Méfiant à l’égard de la Banque de Paris et des Pays-Bas (Paribas), qui incarne la haute finance internationalisée, il soutient d’abord la petite société Gautsch du groupe industriel Schneider. C’est elle qui émet l’emprunt marocain de 1902 de 7,5 millions de francs. Elle ne détient toutefois pas suffisamment de capitaux pour se montrer à la hauteur des ambitions du Quai d’Orsay. Il doit alors traiter avec la banque Paribas, avec laquelle il ne parvient pas à s’accorder. Ces divergences menacent l’avance prise par les Français : en 1903, des emprunts anglais et espagnols subviennent aux besoins immédiats du sultan. Ce n’est qu’après l’Entente cordiale d’avril 1904 |2| entre la France et le Royaume-Uni que l’emprunt peut être conclu, en juin 1904.
Vers l’instauration du protectorat

L’emprunt n’améliore pas la situation financière du Maroc, bien au contraire. Sur les 62,5 millions de francs prêtés au Maroc, le sultan n’en perçoit que 10,5 millions, le reste servant à rembourser des dettes précédentes et à couvrir les frais d’émission. Le Makhzen se retrouve à nouveau à court de liquidités avant même la fin de l’année. L’emprunt 1904 inaugure ainsi une décennie de détresse financière durant laquelle l’empire chérifien ne peut que contracter de nouvelles dettes pour rembourser les précédentes. En 1910, un nouvel emprunt de consolidation s’élevant à 101 millions de francs parachève l’asphyxie financière du Maroc.

Malgré cet engrenage, l’étendue de l’endettement marocain calculé au regard des critères standards apparait étonnamment faible. La dette, mesurée selon l’indicateur le plus courant (dette publique/PIB, voir encadré) n’est que de 10 % en 1904, et s’élève à 35 % en 1912. La faiblesse de cet endettement révèle sa nature. Si le Maroc dans sa totalité produit suffisamment de richesses pour que le poids de la dette n’apparaisse pas écrasant, le pouvoir central n’y a en réalité pas accès. L’expansion européenne a de fait brisé le lien fiscal qui unit le Makhzen à sa population. À la suite de la désastreuse réforme fiscale de 1901, le sultan Abdelaziz accusé d’être à la solde des Européens affronte de surcroît une révolte généralisée. Il est finalement destitué en 1907 au profit de son frère Moulay Abdelhafid Al Hassan, qui ne pourra plus infléchir la situation. Entre 1903 et 1912, la dette représente en effet entre 10 et 16 années de recettes fiscales, tandis qu’en moyenne 40 % de ces recettes sont absorbées par le service de la dettechaque année.
Le stock de dette est calculé en réalisant l’agrégation en francs courants de l’ensemble des dettes du Maroc recensées pour une année donnée. Le PIB est extrapolé à partir des estimations en francs constants de Samir Amin (1966) et d’Angus Maddison (2006). L’indice de prix utilisé pour calculer le PIB en francs courants a été construit à la fois à partir de l’indicedisponible sur le site de Thomas Piketty et de celui des Tableaux économiques du Maroc, 1915-1959, Maroc, ministère de l’économie nationale, division de la coordination économique et du plan, service central des statistiques, 1960. L’ensemble des données mentionnées avant comme après 1912 concerne seulement la partie française du Maroc.

Un acteur majeur, la banque Paribas

Mais la force de la dette en tant qu’instrument de conquête coloniale ne réside pas seulement dans sa nature financière. Car la dette est politique : elle implique la création d’institutions nécessaires à sa gestion qui empiètent nécessairement sur les fonctions étatiques. Dès la signature du contrat de l’emprunt 1904, une administration du contrôle de la dette est créée pour prélever les revenus douaniers nécessaires à son service. À la suite de celui de 1910, cette administration collecte la totalité des douanes et des taxes urbaines de Casablanca, en plus d’organiser la police et la sécurité à l’intérieur même du pays.

Le contrat de l’emprunt 1904 prévoyait également une Banque d’État du Maroc (BEM) qui ne sera créée qu’en 1907, après la conférence d’Algésiras |3| (1906). Si la BEM est gérée par les puissances occidentales signataires d’Algésiras, elle détient néanmoins les clés du système monétaire marocain : elle obtient le monopole d’émission de la monnaie, le statut de trésorier-payeur et un droit préférentiel pour l’émission des emprunts futurs.

En 1912, un acteur économique est en position de force dans le Maroc nouvellement conquis : Paribas. La banque a de fait pris la tête du consortium bancaire émetteur des emprunts 1904 et 1910. À ce titre, Paribas dirige la BEM : son président à sa création, Léopold Renouard, n’est autre que le vice-président de Paribas. Dès 1912, Paribas est soucieuse de développer son activité au Maroc : à travers le consortium bancaire qu’elle pilote, elle fonde la Compagnie générale du Maroc (Génaroc), vaste conglomérat présent dans tous les domaines de l’économie marocaine. Un président de la BEM, Edmond Spitzer, résumait : « La Banque de Paris et des Pays-Bas est le chef de file indiscuté de tous les groupes intervenant au Maroc : en fait, elle contrôle la plupart des secteurs importants de l’économie en liaison avec notre Banque d’État, la Compagnie générale du Maroc et l’Omnium nord-africain » |4|.

La dette, en tant qu’elle implique des transferts financiers réguliers, à long terme et formalisés par de nouvelles institutions, modifie durablement l’équilibre des pouvoirs au sein d’une économie. Le fait qu’elle ait joué un rôle majeur dans la colonisation du Maroc -– comme en Égypte ou en Tunisie -– a façonné l’économie du pays pendant sa période coloniale. Ainsi, si l’importance de Paribas dans l’économie coloniale marocaine est considérable, il est important de noter que le marché marocain est négligeable pour Paribas, qui opère dans le monde entier. L’intensité de cette asymétrie synthétise le déséquilibre de la relation coloniale.

Source : Orient XXI

Notes

|1| L’opposition entre le bled el-makhzen et le bled Siba ne doit pas être exagérée ni comprise comme dysfonctionnelle. La reconnaissance par le Makhzen d’un espace de dissidence en son sein est au contraire un fait structurant de la sociologie politique du Maroc au XIXe siècle. Voir Ben Mlih, Structures politiques du Maroc colonial (1990).

|2| NDLR. Le Royaume-Uni et la France signent le 8 avril 1904 une série d’accords bilatéraux couramment désignée sous le nom d’« Entente cordiale » pour résoudre plusieurs différends coloniaux, notamment la reconnaissance de la domination britannique sur l’Égypte et du protectorat français sur le Maroc.

|3| NDLR. La conférence d’Algésiras est une conférence internationale sur le Maroc qui se tient du 16 janvier au 7 avril 1906 sous l’égide des États-Unis, réunissant l’empire allemand et ses alliés, l’Autriche-Hongrie et le royaume d’Italie ; la France, son allié l’empire russe, et le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande ; le royaume d’Espagne, celui du Portugal, ainsi que la Belgique, les Pays-Bas et la Suède. Ses conclusions placent le Maroc sous observation de ces grandes puissances, sous couvert de réforme, de modernité et d’internationalisation de l’économie marocaine.

|4| Michel Poniatowski, Mémoires, éditions Plon/Le Rocher (Paris), 1997, p. 243.

Auteur.e

Source : Anti-K

Marocleaks : Tableau de bord : Relations Maroc / Afrique subsaharienne

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Marocleaks : La politique étrangère sud-africaine à l’épreuve de la crise libyenne

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